Petite histoire des Francs Maçons de Montréal.
La Franc-maçonnerie a tellement été entouré de mystère à travers les siècles que voir un si grand temple, si grand, sur une des rues les plus passante de Montréal en laisse plusieurs perplexes.
Au moment de la conquête de la Nouvelle-France par l’Angleterre, Montréal comptait déjà une loge de Francs-maçons d’expression française. Alors qu’en Europe, le mouvement dérangeait, et que plusieurs bulles antimaçonniques étaient répandues, ce sont les sulpiciens qui à Montréal réagissaient à leur présence en 1771 via Étienne Mongolfière. Entre 1759 et 1791, Montréal compta plus de 5 loges.
Après la conquête, un des officiers de James Wolf dès son arrivé se chargera d’établir une loge Provinciale. Le grand maître de cette loge était John Price Guinett. En 1788, le siège de la Maçonnerie fut transféré de Québec à Montréal.
Au cour du siècle suivent, le clergé catholique allait mettre beaucoup d’énergie à dénoncer l’ordre, ce qui explique peut être le fait qu’en 1899, sur les 57 loges du Québec seulement une fonctionnait en Français, Les Cœurs Unis de Montréal alors que l’église Anglicane n’y voyait rien de mal, Mgr Bourget était contre la présence Francs-maçons qu’il accusait de comploter contre l’état et le clergé.
En 1869, avec la montée des loges de Toronto comme ayant un emprise particulière sur la Grande Loge du Canada, les massons du Québec via John Hamilton Graham demandèrent la souveraineté des loges pour le Québec, reconnaissance qui ne devait arriver qu’en 1874 avec l’appui de plusieurs loges américaines.
Lieux de rassemblement.
En 1824, les Francs-maçons avaient une adresse, un lieu de rassemblement, quelque par à l’emplacement actuel du Marché Bonsecours. Cette loge fut construite d’après l’initiative de John Molson (Le temple fut détruit par les flammes en 1833.) Le second lieu était situé au square Dalhousie en 1846 mais lui aussi détruit par un incendie en 1852. Le troisième temple fut construit en bordure de la place d’armes (ou l’on trouve aujourd’hui l’édifice Aldred) alors qu’un autre se construisait sur la rue Dorchester.
L’édifice ci haut photographié sur la rue Sherbrooke est la maison définitive des francs-Maçons à Montréal. Il est possible de voir des photos de l’intérieur de ce temple dans le livre en référence, le répertoire d’architecture traditionnel de la CUM.
Cet édifice est de style architectural Renouveau classique.
Référence : Montréal au XIXe sciècle, Société historique de Montréal. (Jean-Paul de Lagrave, La Franc-maçonnerie à Montréal)